Et s’il fallait l’éviter ?
Certes, iTunes avait déjà offert dans ses morceaux gratuits du mardi de faramineux étrons musicaux, comme « Mauvais garçon », des Naast, donc nous savons que nous pouvons nous attendre au pire. Mais parfois, c’est le meilleur qui arrive, avec d’indéniables perles comme « Quand l’amour, ce rat mort » de Renaud Papillon Paravel, un choix courageux et original, ce qui devrait être l’essence de ce genre d’opération : faire découvrir de nouveaux artistes, qui n’ont pas (encore ?) l’audience qu’ils devraient.
Mais vraiment, là, c’est le comble de la ringardise, de nous ressortir la poux hurleuse ou rocailleuse, dont les seuls mérites objectifs sont de faire la fortune des chirurgiens esthétiques et des spécialistes de la retouche sous Photoshop.
Un exemple ?
Regardez par exemple la différence entre cette photo de promotion :

et sa tête forcément moins retouchée (mais pourtant terriblement maquillée et « chirurgisée ») dans le clip :

Bon, au moins, elle semble faire l’unanimité, avec son clip de « Et s’il fallait le faire » dans les critiques laissées sur iTunes. C’est juste dommage que « killpeach », qui a raison sur le fond de son discours, le « décrédibilise » par une syntaxe, une orthographe et une grammaire en dessous de tout.
Je vous recopie son texte en français, pour mieux l’apprécier :
«
Si ça continue, faut que ça cesse. 12 days gift = vecteur de réinsertion du has been
Avec ces 12 jours cadeaux et Patricia Kaas, on atteint le summum de la médiocrité. Je croyais que nous nous en étions débarrassés il y a 20 ans, de la « casse » (où elle devrait être, d’ailleurs). Apparemment, elle ne veut pas aller à la maison de retraite, c’est du grand n’importe quoi, ces « 12 jours cadeaux », je comprends mieux pourquoi c’est gratuit : vous utilisez cette opération comme vecteur de réinsertion des has been, vous nous refourguez vos vous savez quoi, là !
»

Et puis l’autre n’est pas mal non plus, je trouve. Et au moins, il n’y a pas de fautes… ;o)
«
Et s’il fallait l’éviter ?
Deux minutes de téléchargement et 45Mo de gaspillés. Tous les cadeaux ne sont pas bons à prendre.
Pourquoi ne peut-on pas mettre moins d’une étoile ? Le zéro étoile devrait être proposé dans les classements.
»
Bon, au moins, nous avons échappé à pire encore, ils auraient pu nous fourguer carla sarkobruni… Mais en fait, il reste quelques jours et nous ne sommes pas à l’abri. D’autant que la soi-disant chanteuse en question a été proclamée, dans cette même boutique en ligne, « diva ». Si, si. Lisez donc.
Les « gens » ( ? ) de chez iTunes ont commis une compilation de leur cru, dans la série « iTunes Essentials », dont le titre est déjà une déclaration d’intention de plongée dans la fange musicale : « Divas à message » ! Oui, vous avez bien lu !
Attention êtes-vous prêts pour la pochette ? Ça pique les yeux…

Eh oui…
Mais le ridicule et poussé très loin, dans le souci du détail.
Déjà, l’utilisation du terme « diva » pour ce qui n’est, généralement, qu’une brailleuse dont le volume sonore dépasse la moyenne, est un détournement inadmissible du mot. Il est devenu d’usage courant, mais ça ne l’excuse tout de même pas. Utiliser le même terme pour évoquer Nathalie Dessay et Céline Dion, la hurleuse patentée, c’est tout simplement honteux ! Comment en est-on arrivé à galvauder à un point tel ce terme qui signifie « déesse » à l’origine et marquait la déférence et la fascination pour une figure exceptionnelle du chant ?
Et cette compilation ne s’arrête pas là, dans le n’importe quoi en vitrine. Elle ose rassembler sous une même bannière et même prétendre trouver des points communs à de vraies artistes et à des produits marketing si bas de gamme que je ne trouve pas de mots pour les moquer.
Comment oser mettre sur le même rang Aretha Franklin, Gloria Gaynor, Diana Ross, Alanis Morissette ou Tina Turner, pour ne citer qu'elles et des sous-produits lamentables de la mode et du décérébrant marketing, aux vocalises pathétiques et douloureuses, comme carla bruni, Larusso ou Laam, pour ne citer qu'elles, là encore ?
Eh bien eux, ils osent !
Et en lisant leurs textes écrits avec les pieds et en regardant le détail de leurs variantes, vous verrez qu’ils osent vraiment tout. Non seulement les collisions artistiques les plus lamentables, mais aussi classer Zazie, Dido, Grace Jones ou Tina Turner, par exemple, dans « les méconnus » ou Larusso et Laam dans « les classiques ». Bref, du grand n’importe quoi, absolument impardonnable et totalement destructeur de toute crédibilité. Voilà, si on en doutait encore, iTunes est bien juste un vendeur de musique en gros, sans distinction ni choix éditoriaux, pas un disquaire au sens « noble » du terme.
Je ne critique pas la démarche de vouloir être exhaustif dans les propositions de leur magasin, ni les bienfaits à long terme, qui vont amener à supprimer les DRM à terme, ce qui est une excellent chose. Je critique la prétention affichée de vouloir conseiller et guider les choix, quand, visiblement, cela ne se fait pas sur des critères artistiques et en se basant sur une réelle connaissance du sujet.
Pour vous éviter le détour vers iTunes à chaque fois, je me suis fait violence et je vous ai recopié chaque laïus… Attention, prêts pour un grand moment de solitude ? Lisez !
«
Les classiques (21 pistes)
Aretha Franklin, Juliette Gréco, Chrissie Hynde, Diana Ross… voilà des femmes de caractère, de fortes personnalités qui 'nont eu peur de rien, qui se sont imposées par leur talent mais aussi par leur absence de compromis. Comme Piaf, Sarah Vaughan ou Björk, elles ont en commun une vision artistique franche, originale et unique. Entre nous, nous aimons aussi ces divas pour leurs formidables tubes !
Les découvertes (19 pistes)
Sans Patsy Cline, Tina Turner ou Nina Simone le monde de la chanson aurait tourné en rond. De fortes tête peut-être, comme Patti Labelle et Joan Baez qui, à force d'exigence et de ténacité, en ne chantant qu'elles-mêmes, sont devenues de véritables stars. De nos jours, Lauryn Hill et Alanis Morissette, pour n'en citer que deux, leur emboîtent le pas. Découvrez également les talents de Kelly Clarkson et Nathalie Imbruglia.
Les méconnus (20 pistes)
« Ne cédez jamais », chante Angélique Kidjo, « Du courage », répond La Grande Sophie. Comme Avril Lavigne, ces femmes n'ont « rien d'ordinaire », quelquefois « en colère » comme Francoiz Breut, menaçante à la Tina Turner et son « Better Be Good to Me ». France Gall et Dido vous assurent qu'elles ne sont pas des anges. Vous l'avez compris, aucune ne parle de la pluie et du beau temps. Surtout pas Amel Bent dans sa « philosophie ».
Coffret complet (60 pistes et 59,40€ !)
Certaines ont défrayé la chronique, d'autres ont fait les couvertures des tabloïds, la plupart n'y sont pas allées par quatre chemins. Qu'elles jouent quelquefois les ingénues ou les femmes fatales, les tigresses comme les impératrices, nous les aimons telles qu'elles sont. Leur personnalité est légendaire, leur sens artistique aussi, de race Jones à Mary J Blige, de Doris Day aux Dixie Chicks. En fait, ses divas, ses artistes uniques, nous rassurent et nous réconfortent. Aucun équivalent dans le vestiaire des garçons !
»
Vous noterez au passage qu’ils n’ont pas réussi à trouver quelqu’un qui soit à la fois capable d’écrire un tel monceau d’inepties et de le faire dans un français agréable, ni même sans fautes d’orthographe. J’ai d’ailleurs mis en gras et rouge les « ses » écrits à la place des « ces » qu’il fallait mettre. Confondre « ses » et « ces », c’est une faute de quel niveau, ça, un enfant de sept ou huit ans, au maximum ?






