Clowns of the Deep
Donc Eric McFadden est un grand guitariste de blues-rock de San Francisco, qui a grandit à Albuquerque (46 ans cette année). Il a créé un style mêlant blues, rock, folk US, flamenco, jazz manouche, country… le tout avec une virtuosité reconnue mondialement.
Il est l'artiste vedette de la marque Godin (c'est lui sur leurs affiches) et joue sur une sublime 5th Avenue Kingpin Black à corps creux (et pas chère en plus) et sur ampli Orange pour le clean (me too) et Vox pour le saturé (ah, là, moi, c'est Peavey).
Il a une voix très chaleureuse et dégage la bonhomie, la sympathie, la puissance et le respect à la fois.
Sa formation actuelle est un trio avec contrebassiste amplifié et batteur et le style blues rock pêchu et parfois planant.
Donc il nous fait l'honneur de passer sur Furyana VI. En première partie les profs et élèves de la Rock School du Café Music présentent quelques morceaux en groupes de trois à cinq guitaristes. Et là je me dis ça va être sympa.
Eh bien pas du tout.
Les morceaux sont trop ambitieux (Robert Fripp, Pete Townshend, …) et personne n'est au niveau… Bon, pourquoi pas. Mais le problème c'est qu'ils sont très prétentieux et se la jouent à la Al Di Meola + McLaughlin + Paco de Lucía à San Francisco un vendredi soir de 1980… Risible.
Sur ce, ils laissent la scène à Eric qui fait un show époustouflant avec un style inspiré de Billy Gibbons, John 5, Hendrix et Al Di Meola à la fois. Sidérant.
Lors du rappel, il casse une corde et comme le set touche à sa fin et qu'il n'a pas de guitar tech (il faut qu'il m'engage) il demande "Can I borrow a guitar to someone?" Et là je me dis qu'un des dix crétins de la Rock School va se précipiter backstage pour lui prêter la sienne… je me retourne : plus aucun d'entre eux dans la salle !
Olirza, la sympathique jeune photographe rock est, comme moi, stupéfaite de la situation… elle court alors à l'étage où sont les locaux de l’assos et en redescend en tirant quasiment par le col un des jeunes profs branleur de la Rock School, qui finit par trouver une guitare à Eric. Ces connards n'assistaient pas au concert et faisaient la fête à l'étage pour commémorer leur pathétique prestation.
Je les aurais étripés sur place à coup de cuillère à café rouillée.
Après le show j'ai rencontré Eric McFadden qui m’a dédicacé son double album “Dementia” et la set list MANUSCRITE du show et qui est resté parler longuement dans la salle avec des vieux fans de jazz qui en pleuraient presque. Il est très doux, aimable, serein. Quel contraste, encore une fois, avec les prétentieux minables de la Rock School…
Rage.
"Clowns of the Deep" est le titre d'un des morceaux d'Eric McFadden de 2003 sur l'album "Diamonds to Coal" … il correspond bien à ces tristes sires montois. McFadden lui aussi sait que les clowns sont nos ennemis !







