Annie les aime, rachida pas…
30 octobre 2010 10:46 Par : T
Un homme de 40 ans, domicilié dans la Drôme a passé 48 heures en garde à vue pour une plaisanterie d'un goût douteux, selon Le dauphiné Libéré.
Amusé par le lapsus de Rachida Dati, lors de l'émission Dimanche + sur Canal+, qui avait confondu "inflation" et fellation, l'homme a envoyé un e-mail à la député européenne pour lui demander un petite inflation. Selon le quotidien, le contenu du message n'était ni ordurier ni vulgaire mais assez explicite.
L'homme a été arrêté chez lui par des hommes de la police judiciaire de Lyon. Son appartement a été perquisitionné et il a été placé en garde à vue pour 48 heures.
L'homme a ensuite été déféré devant le parquet et présenté au juge des libertés et de la détention qui l'a placé sous contrôle judiciaire. il comparaîtra le 3 décembre pour outrage à personne chargée d'une fonction publique. Pour le procureur de Valence, Antoine Paganelli, "L'outrage est caractérisé dès lors qu'une expression est de nature à rabaisser la considération réservée à une personne publique. En l'espèce, c'est Mme Dati en tant que député européen, qui est visée à travers sa messagerie".
Pour l'avocat du blagueur, l'e-mail était adressé à Rachida Dati en tant que personne et non en tant que député européen.
Quoi qu’il en soit, cette blague est peut-être douteuse ou graveleuse, mais ça reste une blague.
Il y a là une preuve supplémentaire du fait que l’égalité n’existe plus en France. Surtout pas face à la loi.
Le même mail aurait été adressé à une personne “normale”, celle-ci aurait peut-être répondu vertement ou juste ajouté l’expéditeur à sa liste d’indésirables.
En imaginant qu’elle ait été assez psychopathe et teigneuse pour vouloir donner des suites judiciaires à cette missive, il est certain que les flics qui auraient reçu la demande de plainte ne l’auraient pas prise, riant au passage de la chose. Ou alors l’auraient prise, de mauvais gré et diffusé l’anecdote en se moquant de la plaignante. Et ça se serait arrêté là.
Poussons encore les choses, en imaginant qu’il y ait une suite. C’est totalement du domaine du fantasme, mais soit. Que se serait-il passé ? Un vague courrier outragé ? Une convocation pour se faire gronder par le planton de service, pendant une heure ? Et encore, je suis là dans l’extrême.
Mais là, il s’agit d’une “puissante”. Donc la simple incivilité en paroles devient un crime de lèse-majesté ! N’oublions pas que la France n’est plus une démocratie ni le pays des droits de l’homme. C’est devenu une république bananière, sécuritaire, dirigée par des pantins dont le népotisme s’exerce pour l’unique enrichissement personnel du gouvernement officiel et du gouvernement réel : le medef et les quelques fortunes qui dirigent et financent la destruction systématique de tout ce qui pouvait faire de notre pays un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Et la transition vers la monarchie totalitaire est bien entamée.
Pour ce malheureux mail, si graveleux qu’il ait pu être, une arrestation, une perquisition du domicile et une garde à vue de 48 heures, une comparution immédiate et un contrôle judiciaire, en attendant un jugement le 3 décembre pour «outrage à personne chargée d'une fonction publique»…
Rien que ça. C’est totalement scandaleux, hors de proportion.
Pour remettre les choses en perspective, j’ai un jour pris un coup de poing dans la rue, par un abruti que j’avais appelé ainsi. Ma demande de plainte auprès du procureur n’a jamais été suivie d’effet. On m’a expliqué que ça n’irait pas plus loin, que c’était absolument dérisoire et inutile d’insister.
C’est bon à savoir : le type et moi n’étions que des “petites gens”, du bas peuple, des gens insignifiants. Ça n’intéresse pas la justice. Donc sachant ça, la prochaine fois, je riposterai et lui montrerai comment un coup bien porté peut faire de jolis dégâts, même sur un visage déjà disgracieux.. Il n’y aura aucune suite puisqu’il n’y aura pas de ministre ni d’ami du monarque impliqué. Lui aura sa leçon méritée et moi un soulagement tout aussi mérité.
Ah et puis tiens… sarkozy qui dit “casse toi, pov’con” à un quidam, ça ne fait aucune vague. La phrase eût été prononcée par le quidam à l’encontre du gnome dictateur, le pauvre monsieur eût subi les foudres de la justice, c’est indéniable. Et les exemples abondent.
Cet “incident” est révélateur de ce qui se passe en ce moment. Il est grave et choquant.
Peut-être est-il temps de relire Les Animaux malades de la Peste de Jean de La Fontaine, écrite au XVIIè siècle et pourtant si appropriée au XXIè…
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n'en voyait point d'occupés
À chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie,
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: «Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L'état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut: mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un pêché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d'honneur;
Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.»
Ainsi dit le renard; et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses:
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'âne vint à son tour, et dit: «J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.»
À ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait: on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Ici, “dévouements” signifie “sacrifices”…)
Amusé par le lapsus de Rachida Dati, lors de l'émission Dimanche + sur Canal+, qui avait confondu "inflation" et fellation, l'homme a envoyé un e-mail à la député européenne pour lui demander un petite inflation. Selon le quotidien, le contenu du message n'était ni ordurier ni vulgaire mais assez explicite.
L'homme a été arrêté chez lui par des hommes de la police judiciaire de Lyon. Son appartement a été perquisitionné et il a été placé en garde à vue pour 48 heures.
L'homme a ensuite été déféré devant le parquet et présenté au juge des libertés et de la détention qui l'a placé sous contrôle judiciaire. il comparaîtra le 3 décembre pour outrage à personne chargée d'une fonction publique. Pour le procureur de Valence, Antoine Paganelli, "L'outrage est caractérisé dès lors qu'une expression est de nature à rabaisser la considération réservée à une personne publique. En l'espèce, c'est Mme Dati en tant que député européen, qui est visée à travers sa messagerie".
Pour l'avocat du blagueur, l'e-mail était adressé à Rachida Dati en tant que personne et non en tant que député européen.
Quoi qu’il en soit, cette blague est peut-être douteuse ou graveleuse, mais ça reste une blague.
Il y a là une preuve supplémentaire du fait que l’égalité n’existe plus en France. Surtout pas face à la loi.
Le même mail aurait été adressé à une personne “normale”, celle-ci aurait peut-être répondu vertement ou juste ajouté l’expéditeur à sa liste d’indésirables.
En imaginant qu’elle ait été assez psychopathe et teigneuse pour vouloir donner des suites judiciaires à cette missive, il est certain que les flics qui auraient reçu la demande de plainte ne l’auraient pas prise, riant au passage de la chose. Ou alors l’auraient prise, de mauvais gré et diffusé l’anecdote en se moquant de la plaignante. Et ça se serait arrêté là.
Poussons encore les choses, en imaginant qu’il y ait une suite. C’est totalement du domaine du fantasme, mais soit. Que se serait-il passé ? Un vague courrier outragé ? Une convocation pour se faire gronder par le planton de service, pendant une heure ? Et encore, je suis là dans l’extrême.
Mais là, il s’agit d’une “puissante”. Donc la simple incivilité en paroles devient un crime de lèse-majesté ! N’oublions pas que la France n’est plus une démocratie ni le pays des droits de l’homme. C’est devenu une république bananière, sécuritaire, dirigée par des pantins dont le népotisme s’exerce pour l’unique enrichissement personnel du gouvernement officiel et du gouvernement réel : le medef et les quelques fortunes qui dirigent et financent la destruction systématique de tout ce qui pouvait faire de notre pays un pays de liberté, d’égalité et de fraternité. Et la transition vers la monarchie totalitaire est bien entamée.
Pour ce malheureux mail, si graveleux qu’il ait pu être, une arrestation, une perquisition du domicile et une garde à vue de 48 heures, une comparution immédiate et un contrôle judiciaire, en attendant un jugement le 3 décembre pour «outrage à personne chargée d'une fonction publique»…
Rien que ça. C’est totalement scandaleux, hors de proportion.
Pour remettre les choses en perspective, j’ai un jour pris un coup de poing dans la rue, par un abruti que j’avais appelé ainsi. Ma demande de plainte auprès du procureur n’a jamais été suivie d’effet. On m’a expliqué que ça n’irait pas plus loin, que c’était absolument dérisoire et inutile d’insister.
C’est bon à savoir : le type et moi n’étions que des “petites gens”, du bas peuple, des gens insignifiants. Ça n’intéresse pas la justice. Donc sachant ça, la prochaine fois, je riposterai et lui montrerai comment un coup bien porté peut faire de jolis dégâts, même sur un visage déjà disgracieux.. Il n’y aura aucune suite puisqu’il n’y aura pas de ministre ni d’ami du monarque impliqué. Lui aura sa leçon méritée et moi un soulagement tout aussi mérité.
Ah et puis tiens… sarkozy qui dit “casse toi, pov’con” à un quidam, ça ne fait aucune vague. La phrase eût été prononcée par le quidam à l’encontre du gnome dictateur, le pauvre monsieur eût subi les foudres de la justice, c’est indéniable. Et les exemples abondent.
Cet “incident” est révélateur de ce qui se passe en ce moment. Il est grave et choquant.
Peut-être est-il temps de relire Les Animaux malades de la Peste de Jean de La Fontaine, écrite au XVIIè siècle et pourtant si appropriée au XXIè…
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
On n'en voyait point d'occupés
À chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie,
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: «Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L'état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut: mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un pêché ? Non, non. Vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d'honneur;
Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.»
Ainsi dit le renard; et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses:
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'âne vint à son tour, et dit: «J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.»
À ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait: on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Ici, “dévouements” signifie “sacrifices”…)






